Graines de poète




Je sèmerai les mots
comme Poucet les cailloux
et un jour ils fleuriront
dans la paume de tous ceux
qui auront eu la curiosité
de les ramasser.



2017




8 commentaires:

  1. Quel petit bijou que ce poème !

    Ainsi en est-il de ton art....
    J'aime venir ici récolter les fruits de tes semailles....
    Bon WE à toi

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    1. De l'art un peu brut, comme peuvent l'être celui que nous déploie Dame Nature et que nous sommes si peu à voir. Mes semailles, ah j'aime ce mot. Il me renvoie à mon enfance et à mes joies de campagnarde du dimanche chez mes cousins. Bon week end à toi aussi cher Alain. :)

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  2. Oui, les mots sont aussi des semences qui germent en leur temps.
    Les graines ont la capacité de dormir pendant des années
    dans un sol aride et aussitôt que les conditions deviennent propices
    elle se sortent de leur léthargie et explosent de vie et de couleurs.
    Je veux moi aussi saisir toutes les occasions de fleurir et de vivre intensément ma vie ! kéa

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    1. Je ne dois pas être une terre aussi rude que certains le disent, parce que chez moi ça germe beaucoup. Il y a des phrases qui inexplicablement se sont imprimés au revers de mes yeux et que je vois très très souvent réapparaître, comme un signal. Par exemple cette phrase lue il n'y a pas loin de 40 ans dans "Vent d'est, Vent d'Ouest" de Pearl Buck: "Prenez ce qui vous convient, et laissez le reste" Bon cette phrase dans le livre est assez importante, mais j'ignore pourquoi elle m'est restée aussi fortement à l'esprit. En fait je me rends compte que je me suis appliquée moi aussi à prendre ce qui me convenait et à laisser "le reste", simplement, sans y songer davantage, sans m'encombrer. Et qu'au bout du compte cette petite phrase m'a beaucoup aidée à avancer sur mon chemin de vie.

      Tu as raison Kéa: efforçons-nous d'être une bonne terre. Ou du moins de rendre de nouvelles germinations possibles :)

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  3. Et pour retrouver nos chemins de vies
    dans les lignes de nos demains.

    J'ai relu un commentaire où tu écrivais que Prévert savait t'inspirer.

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    1. Dans ce commentaire t'ai-je dit qu'on m'avait jeté un jour que "Prévert ce n'était pas de la poésie"? Cela me fait encore sourire sur l'incapacité de ceux qui prétendent détenir la vérité vraie concernant la poésie à la voir justement partout où elle se trouve. Et surtout dans ces choses "ordinaires" voire "vulgaires" parce que si humbles.

      Tu trouves que je fais de la poésie à la Prévert?

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  4. Lorsque le Petit Poucet abandonné dans la forêt sema des cailloux pour retrouver son chemin, il ne se doutait pas qu'une autruche le suivait et dévorait les cailloux un à un.
    C'est la vraie histoire celle-là, c'est comme ça que c'est arrivé...
    Le fils Poucet se retourne : plus de cailloux !
    Il est définitivement perdu, plus de cailloux, plus de maison ; plus de maison, plus de papa-maman.
    "C'est désolant", se dit-il entre ses dents...
    Jacques Prévert, L'autruche

    Oui, ton texte c'est encore plus du Prévert que ce conte ci-dessus de lui-même.
    De plus, tu l'as écrit et publié pratiquement 40 ans après la disparition du poète.

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  5. Merci Well c'est très sympa ce que tu écris. Tu sais je n'ai vraiment, sincèrement, aucune velléité de comparaison avec les grands poètes de notre temps. Ceci dit cela donne du plaisir et de l'émotion quand même d'être un petit peu associée à Prévert.

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